Auteur :
Jean-Marc Bellefleur
Membre du comité de rédaction, pasteur, Église de La Bonne Nouvelle, Mulhouse, Église La Bonne Nouvelle, Saint-Louis
Paru dans :
Lien fraternel de juin 2020 (n° 96/06)
Rubrique :
Point de vue
Mots-clés :
 

Dans ma belle région d’Alsace, on n’aime pas faire les choses « au dernier moment ». Il faut prévoir, organiser. Dans le midi, par exemple, l’art de la spontanéité est plus consommé. Les méridionaux s’y retrouvent peut-être un peu mieux, aujourd’hui, où on n’y voit pas assez clair pour « prévoir ». Partir en vacances ? Mais où, finalement ? Rejoindre de la famille ? Mais aura-t-on bien le droit de passer une frontière ? Prendre congé ? Mais ne devra-t-on pas rattraper le temps perdu, au travail ? Et l’école ? Et les entreprises ?

Et l’Église ? Là encore, c’est l’inconnue. Pourrons-nous reprendre nos bons vieux cultes bientôt ? Et les embrassades, après avoir dû les « arrêter » ou les « éviter » ? Aurons-nous le loisir d’entendre notre frère qui chante faux, notre sœur qui dit toujours la même prière ? Même eux, ils nous manquent ! Et ces enfants qui courent partout à la sortie du culte, et qui suscitaient parfois, dans le secret de pensées peu chrétiennes, un petit « Si j’étais sa mère », quand les reverrons-nous ? Ils nous manquent, eux aussi ! Quand pourrons-nous…

On ne sait pas. Il faut suivre, au fil de l’eau, une actualité qui nous mène on ne sait où. Mais après tout, nous ne savons même pas « ni le jour, ni l’heure » du grand jour où Jésus manifestera sa seigneurie (Mt 24.42 ; 25.13 ; Mc 13.32 ; Lc 12.40). Devant cette vertigineuse perspective, mais non datée, nos inquiétudes et incertitudes du moment pâlissent ! Ce que Jésus s’emploie à enseigner dans ces textes, c’est qu’il faut être prêt. De cœur, d’âme, d’esprit, soyons prêts à la Parousie… et bien plus facilement à toutes les évolutions et adaptations qui nous attendent cet été !

Profitons néanmoins du moment pour apprendre quelques petites leçons. Le contentement, tout d’abord. Bien des chrétiens rêveraient de seulement se poser la question de la reprise des cultes… mais ils n’ont ni église où aller, ni liberté dont jouir. Et nous au moins, nous avons YouTube, Zoom, Skype et autres. La patience, ensuite. Nous énerver pour ça ? Mais le Seigneur nous donne sa paix, livrée à domicile. La confiance, encore. Nous ne maîtrisons pas tout en ce moment. On se voit souvent impuissant, à ne pas savoir quoi faire, quoi reprendre, comment… Calmons-nous ! Dieu veille. Assez près de la confiance, nous apprenons aussi la modestie. Pas difficile, en ce moment, de se rendre compte de notre vulnérabilité, de la fragilité de nos programmes replets. Tenez : notre Église était toute fière, en février, d’avoir fini ses travaux d’embellissement, d’agrandissement… de locaux qui sont vides depuis début mars ! Mais nous apprenons aussi l’optimisme ! J’aurais écarquillé les yeux si on m’avait dit en 2019 que nous allions émettre tant de cultes en vidéo, même en live, à faire des montages, à nous adapter, à faire preuve de tant de créativité !

Bon été, quoi qu’il arrive ! ■

Confinement

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Au secours !

À Bible ouverte
Matthieu Sanders