PAR : Margaret Trévisan
Diacre, Église baptiste de Paris-Centre

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Ma foi au jour le jour
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De nouveau, dans notre longue série sur le service dans l'Église, voici un mot sur un sujet qui prend une tournure particulière en période de pandémie : les visites.

Tout a commencé les mercredis en 2007 par de simples visites à quelques personnes. Cela s’est ensuite développé sous différentes formes : un déjeuner sur un lieu de travail ; un tête-à-tête à domicile ; une rencontre dans un EHPAD ; une conversation prolongée dans une voiture ; un échange à la suite d’une exposition, notamment avec des personnes en recherche. Il peut s’agir, aussi bien de moments réguliers, même espacés dans le temps, que d’une seule visite, à l’hôpital par exemple. Je rencontre des femmes de tous âges et parfois des hommes. Entre deux visites, j’ai appris à prendre des nouvelles par différents moyens : courriel, texto ou téléphone. En ces temps de pandémie, les visites sont malheureusement devenues virtuelles (téléphone, WhatsApp, Skype, etc.).

Ayant depuis toujours un sens aigu de la famille de Dieu, j’ai eu à cœur d’être comme Barnabas : une sœur qui encourage. Pour ma part, je considère qu’une visite, c’est avant tout une écoute attentive et l’occasion de manifester de l’amour fraternel et de la compassion dans l’épreuve et la douleur, de prier avec et pour l’autre et, grâce au conseil d’un frère en Christ, de partager, quand cela est possible, un texte biblique qui édifie ou qui m’inspire un mot d’encouragement. Quant aux défis, ils consistent à apprendre à vivre avec mes propres faiblesses en dépendant du Seigneur.

Ma plus grande joie est de servir le Seigneur. Sans lui, je ne pourrais pas accomplir ce ministère. J’ai besoin de me ressourcer en lui et je sais que je dois encore grandir en amour pour mes frères et sœurs. Dieu me fait la grâce et le privilège de le voir à l’œuvre en faveur de ses enfants. Au travers de ce service, le Seigneur m’accorde une communion fraternelle riche et profonde, et une relation plus intime avec lui.

En février 2017, le Seigneur m’a appelée à travailler bénévolement et à temps partiel pour l’Église dans un ministère d’accompagnement spirituel et biblique (surtout auprès des femmes) où les visites continuent de faire partie de mon champ d’action. J’effectue désormais ce service en étroite collaboration avec l’équipe pastorale.


« Vous m’avez visité… » Cet acte, accompli envers les plus petits auxquels Jésus s’identifie, fait partie des gestes qui comptent pour l’éternité (Mt 25.36). Visiter est une pratique aussi ancienne que l’humanité. Dans l’Église, c’est l’une des formes de la communion fraternelle.

visites

L’enracinement théologique du ministère de visite est le souci qu’a le Seigneur à l’égard de chacun. Le souverain Pasteur « pense à nous » (Ps 40.18), « s’approche de nous » (Jc 4.8), nous « appelle par notre nom » (Jn 10.3).

Visiter fait partie des fonctions pastorales. C’est une façon d’accompagner et de prendre soin de manière individuelle. Mais les visites fraternelles sont indispensables, elles aussi, pour étoffer les liens de communion (Ac 4.32). Certains ministères particuliers de visite enrichiront la tâche de l’équipe pastorale d’une Église.

Lorsqu’un pasteur visite quelqu’un, il manifeste son intérêt personnel, mais représente aussi la communauté. C’est amical, fraternel, mais aussi un peu « officiel ». Pour certains, c’est un choc, une inquiétude : « Le pasteur vient me voir, c’est grave ? » Mais souvent, c’est une belle ouverture, l’occasion de discuter de sujets personnels, de faire un point, de se confier librement. Certaines visites sont très ciblées, marquées par un besoin, une situation. D’autres sont plus ouvertes. On veille aussi à s’approcher de Dieu, par une prière, une lecture de la Bible.

La visite fraternelle peut se réaliser individuellement, mais aussi en équipe. C’est une démarche de cœur et d’attention. La visite est d’emblée personnalisée : tel frère, telle sœur se déplace vers moi. La relation est simple et la conversation peut prendre diverses directions : l’important est de vivre un bon moment relationnel. On pourra prier, chanter un cantique, mais ce n’est pas obligé. Il arrive qu’une visite fraternelle se poursuive par une initiative concrète d’entraide pratique : certaines sœurs, en particulier, excellent à trouver ces petites attentions si bienfaisantes ! La visite remplit son but dès lors que l’on s’est fait du bien ensemble. On veillera, dans cette belle liberté, à rester dans une attitude d’écoute et d’attention, dans un climat de bienveillance et de respect.

L’échange, la formation et le partage d’expériences entre les pasteurs et les personnes qui ont à cœur ce ministère sont une richesse pour une Église. Assurément, de belles complémentarités peuvent se vivre sur ce terrain !

(Thierry Huser)

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avril 2021

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